Khallot

LES ÉCRITS · MÉTHODE

Philosophie · faire surgir le problème

Dissertation · B/L, A/L, culture générale

L’essentiel

Pas à pas

1 · Partir de ce qu’on croit savoir

On ne reste pas bloqué devant le sujet parce qu’on ne sait rien, mais parce que les réponses toutes faites arrivent trop vite. Note-les honnêtement, puis cherche le cas, la conséquence ou le texte lu qui les fait vaciller. Ce moment où tu ne sais plus est le vrai départ : l’introduction doit en sortir. Il ne se simule pas ; il vient de lectures réellement faites et d’exemples réellement examinés.

2 · Définir sans tricher

Une bonne définition d’introduction est acceptable par n’importe qui : aie le courage de la banalité. Elle doit valoir pour tous les cas (sinon elle est trop étroite) et seulement pour eux (cherche un contre-exemple, ajoute le critère qui l’exclut, recommence). Elle ne doit contenir ni synonyme, ni contraire, ni mot de la même famille que le terme défini. La définition vraiment philosophique, elle, est ce vers quoi le devoir avance.

3 · Montrer qu’il y a un problème

Avec tes seules définitions et des idées de sens commun, écris deux paragraphes : ce qui pousse à répondre dans un sens, ce qui pousse dans l’autre. Astuce de brouillon : réécris le sujet en remplaçant chaque terme par sa définition ; la contradiction apparaît souvent d’elle-même. Attention : deux thèses contraires peuvent être fausses ensemble, deux thèses contradictoires non. Seule une vraie contradiction fait un problème.

4 · Choisir un mouvement, pas un moule

Si l’introduction a posé trois principes incompatibles, chaque partie peut renoncer à l’un d’eux. Sur une notion connotée négativement, on peut la réhabiliter progressivement : nuisible, puis inévitable, puis parfois féconde ; et l’inverse pour une notion valorisée. Le plan « oui, non, un peu des deux » est le plus attendu et souvent le plus plat : une troisième partie doit remonter à ce qui produit la contradiction, pas répartir les torts.

5 · Argumenter avec rigueur

Pour réfuter « tous… » ou « nécessairement… », un seul contre-exemple suffit ; pour le démontrer, il faut le cas le plus défavorable qui le vérifie quand même. À l’inverse, un exemple quelconque prouve « certains… » ou « il est possible que… ». On réfute un raisonnement en montrant sa faille, en contestant une prémisse ou en distinguant les sens qu’il confond. Défendre le sens commun demande de la structure : reconstruis ses raisons une à une.

6 · Citer un philosophe comme un interlocuteur

Énonce ta thèse sans nom propre, reconstitue l’argument de l’auteur, montre en quoi il la prouve, puis reformule ta thèse. Un nom célèbre n’est pas une preuve, et deux auteurs amalgamés en une phrase ne font aucun des deux. Un résumé fidèle d’une œuvre vraiment lue vaut mieux qu’une citation apprise et plaquée. Situe précisément l’œuvre.

7 · Répondre

La conclusion dit ce que tu as établi, avec les distinctions et conditions obtenues en route, en ton nom propre. Si tu conclus qu’on ne peut pas trancher, cela doit être démontré, pas déduit de la diversité des opinions.

Les pièges

Là où les professeurs divergent

Deux méthodes défendables. En cas de doute, suis celle de ton professeur.

Noms propres dans l’introduction

Une méthode répandue les exclut de l’introduction et de la conclusion, où l’on parle en son nom ; d’autres professeurs acceptent une référence qui aide à poser le problème. Dans le doute, garde l’introduction sans auteur.

Écrire l’introduction avant ou après

Certains conseillent de la rédiger au brouillon avant tout, pour tenir le cap ; d’autres, après avoir traversé le problème au brouillon, pour qu’elle en garde la trace. Dans les deux cas, elle doit être prête avant la rédaction au propre.

DANS L’APPLICATION

Ce qu’une page web ne sait pas faire

3 exercices minutés : « L’inventaire de ce que je crois savoir » (10 min), « Les quatre tests de la définition » (5 min), « Retirer le nom » (15 min). Et une liste de contrôle qui se coche, reliée à ton calendrier de devoirs et à ton journal d’erreurs.

La fiche que tu viens de lire est intégrale : on ne garde rien pour soi. L’application ajoute ce qui demande d’être minuté, coché, ou relié à ton propre travail.

Les autres méthodes

La dissertation, pas à pas · Khôlle · avant, pendant, après · Lire les textes eux-mêmes · Cartes et rappel actif, bien réglés · Fatigue, stress : repérer les signaux, demander de l’aide